Où puis-je faire tester les produits ?
Le “drug checking” est un dispositif qui permet d’analyser les substances psychoactives dans le but de déterminer la composition et la qualité d’un produit. Cela permet aux consommateurs et consommatrices de s’assurer de la qualité et de la sécurité des substances qu’ils et elles envisagent de consommer. L’objectif principal du drug checking est de réduire les risques associés à la consommation de drogues, en particulier les risques liés à la présence de substances potentiellement dangereuses (qualité) ou la concentration de ces substances (quantité).
Les méthodes de drug checking peuvent varier, mais elles impliquent généralement l’analyse chimique d’un échantillon de la substance en question. Ces analyses peuvent être effectuées à l’aide de techniques telles que la chromatographie en phase liquide (HPLC), la spectrométrie de masse, ou d’autres méthodes analytiques.
Le processus peut être réalisé dans des associations spécialistes des addictions ou dans des laboratoires spécialisés (offres ambulatoires). Cependant il existe également des initiatives de terrain, telles que des stands de drug checking lors d’événements musicaux ou de festivals (offres mobiles), où les utilisateurs et utilisatrices peuvent soumettre des échantillons de leurs drogues pour analyse.
Les offres ambulatoires de drug checking sont accessibles certains jours de la semaine. Lors de la consultation obligatoire, les client·e·s remplissent un questionnaire sur leur consommation récréative de substances, comprenant des questions sociodémographiques et sur leur comportement de consommation. Les résultats des analyses sont communiqués aux client·e·s quelques jours plus tard, soit en personne, par téléphone ou par e-mail selon leur préférence. Le délai entre la première consultation et les résultats permet aux client·e·s de réfléchir à leur comportement de consommation. Des consultations supplémentaires peuvent aussi être proposées pour approfondir les discussions si nécessaire.
En plus de ces offres ambulatoires, il existe des services de drug checking mobiles. Ces services utilisent des laboratoires mobiles pour analyser la composition des substances en 20 minutes environ. Pendant cette période, une consultation obligatoire a lieu avec un·e collaborateur et collaboratrice de l’offre de drug checking, et les client·e·s remplissent également le questionnaire sur leur consommation récréative de substances. Les résultats du test sont ensuite communiqués sur place, avec la possibilité d’obtenir des informations et des conseils supplémentaires si souhaité par les client·e·s.
Objectifs du drug checking :
- Informer les consommateurs et consommatrices pour les aider à prendre des décisions plus éclairées sur leur utilisation de drogues.
- Prévenir et réduire les risques de la consommation et protéger la santé des personnes usagères et leur entourage
- Obtenir des informations détaillées sur les substances consommées à des fins de recherche, de rapports et de statistiques.
- Alerter les consommateurs et consommatrices ainsi que les autorités de la présence de substances dangereuses via les outils d’alerte en ligne
En Suisse il existe des offres à :
Genève – Nuit blanche : créé en 2005 à Genève par 10 institutions et associations dédiées à la prévention et aux addictions, Nuit blanche est un dispositif de réduction des risques liés à la consommation de drogues dans un contexte festif. Rattaché à l’association Première Ligne, il vise à accompagner les personnes dans leur choix de consommation, limitant ainsi les risques sur la santé physique et psychique. Son service de Drug checking analyse les substances en ambulatoire ou de façon mobile, notamment lors de grands événements. En ligne, Nuit blanche propose des informations, des outils de réduction des risques sur Safezone.ch, une consultation en ligne, et une communauté d’échange sur Discord.
Lausanne – projet pilote NightLife Vaud:
Depuis octobre 2022, une permanence de Drug checking est disponible à Pôle Sud à Lausanne. Ce service analyse les substances psychoactives sans collecter d’informations sur l’identité de l’usager et l’usagère. Ce projet fait partie de la stratégie cantonale contre la consommation de drogues. Il est le fruit d’une collaboration entre différentes institutions vaudoises : la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme (FVA), les Georgette in Love de la Fondation PROFA, le Levant – CAP centre d’aide et de prévention et la Fondation AACTS pour la région de la Riviera. La FVA coordonne la partie opérationnelle de ce projet-pilote d’un an. L’outil d’analyse utilise la spectroscopie proche infrarouge (NIR), permettant des résultats rapides et fiables sans prélever ni manipuler le produit. En cas de résultats ambigus, une analyse complémentaire en laboratoire est proposée