Comment aborder le sujet d'une potentielle addiction avec un proche ?
En cas de potentielle addiction, les personnes concernées peuvent ne pas reconnaître la réalité, nier ou la dissimuler. Cette situation peut semer le doute chez les proches, les amenant à se demander si la consommation pose réellement un problème. Dans ce cas, il faut se fier à son intuition, rester ouvert et poser des questions sans accuser ou juger.
Dans le cas d’un potentielle addiction, de nombreux proches hésitent avant de réagir. Ils peuvent être confrontés à l’ambivalence, entre le désir d’aborder la situation et l’envie de ne rien faire, par peur d’aggraver les choses ou de blesser. L’inaction n’apporte toutefois pas de changement.
Pour aborder le problème, la préparation est essentielle. Choisir un moment et un lieu appropriés, exprimer ses inquiétudes sans accuser, et poser des questions ouvertes comme « Qu’en penses-tu ? » sont des approches constructives.
Quelques pistes pour aborder le sujet:
· Non-jugement : la personne concernée souffre et la juger ou accuser ne ferait qu’augmenter cette souffrance.
· Empathie : Être attentif et à l’écoute, en comprenant que la consommation peut découler de l’anxiété ou de la dépression.
· Choisir le bon moment : Sélectionner un moment propice, sans consommation ni tension, pour aborder le sujet.
· Partir du constat et des observations : Partager des observations concrètes et les signes d’inquiétude est mieux que dire ce que l’on pense.
· Inviter à faire des auto-tests : Poser des questions sur la façon dont la personne perçoit sa consommation, en soulignant les aspects problématiques et bénéfiques. Il est utile ici de proposer à passer des auto-évaluations en ligne par exemple.
· Auto-protection : Avertir de la nécessité de se protéger, établir des limites, éviter la co-dépendance et consulter un professionnel si nécessaire.
Si la personne reconnaît un problème, explorer des solutions avec l’aide d’un professionnel. Si la personne ne reconnaît pas le problème (déni), comprendre ses préoccupations liées à la famille, à l’école, au travail, aux relations, etc.
S’il s’agit d’une jeune personne ou d’une ou d’un adolescent :
· Priorité à la sécurité : s’assurer que la santé de l’adolescent n’est pas mise en danger.
· Fixer des lignes directrices clairement définies : énoncer des règles claires, telles que l’interdiction de l’alcool avant 16 ans, une consommation modérée par la suite, et l’absence totale de cannabis ou d’autres drogues.
· Instaurer la confiance et reconnaître l’expérimentation : accorder la confiance à l’adolescent pour qu’il puisse expérimenter, car cela fait partie intégrante de son développement normal. Cette confiance renforcera sa capacité à gérer ses comportements et à partager ses préoccupations.
· Rester vigilants aux signes et aux problèmes : garder un œil sur les signes de consommation problématique, tels que la consommation régulière, l’utilisation pour soulager le stress, les difficultés scolaires, ou des comportements problématiques.