Quelle est la position des professionnel·le·s de santé concernant les tests urinaires ?
Les professionnel·le·s de santé estiment que les tests urinaires pour drogues nécessitent un accompagnement psychosocial et un consentement éclairé. Ils ne sont généralement pas obligatoires et peuvent compromettre la confiance soignant·e-patient·e. Les résultats doivent rester confidentiels et soumis au secret médical.
Les tests urinaires pour le dépistage de drogues ne devraient pas être utilisés sans accompagnement psychosocial et sans bonnes connaissances de leurs implications éthiques et de leur fonctionnement 1. Même aux États-Unis où les tests sont obligatoires, les médecins n’étaient pas suffisamment formé·e·s à l’interprétation et à l’utilisation des résultats 2.
Les tests urinaires réalisés sans consentement libre et éclairé violent systématiquement la sphère privée du patient. Certain·e·s professionnel·les de la santé demandent cependant des tests urinaires pour remettre un traitement opioïde (dit de substitution). Ces tests ne sont pourtant pas généralement obligatoires (sauf dans le canton du Valais 5) et peuvent compromettre non seulement le lien de confiance soignant·e-patient·e mais aussi la capacité d’auto-détermination de la personne qui consomme.
Selon les recommandations de la Société Suisse de la Médecine de l’Addictionla (SSAM), ces tests ne sont qu’à faire en initiation de traitement pour éviter les interactions dangereuses, mais il n’est nulle part stipulé qu’ils sont utiles pour juger de la pertinence du traitement ou de sa continuité 3. [CB1] [FR2]
Les détails des tests réalisés par un·e médecin pour une entreprise privée ne sont jamais à communiquer à ladite entreprise et sont soumis au secret médical. La seule information rendue à l’entreprise portera sur la capacité de l’employé à travailler dans un poste à responsabilité, sans plus de détails 4.